Schmucks 2014 : le discours d’Isabelle Massot

Published on: janvier 5, 2015

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En 2014, Séquences7 a décerné son Schmuck annuel au Festival international des scénaristes de Valence. Isabelle Massot, la déléguée générale du festival, a remercié l’association par un beau discours.

Bonsoir à tous,

Il faut bien avoir l’esprit corrosif et pince sans rire des scénaristes pour donner le nom de Schmuck à une récompense ! Car rappelons-le, si un directeur de studio américain a parlé de Schmuck au sujet des scénaristes (souvent traduit par « imbécile »), c’est surtout parce que ce mot était une insulte yiddish, qui signifie en réalité « pénis ». J’ai approfondi mes recherches et découvert que Schmuck vient également de l’allemand qui signifie « joyau ». Aussi, le passage de la parole à partir de ce qui signifie « joyau » du signifiant « pénis » est lié à la description des organes génitaux d’un homme que l’on pourrait traduire par notre locution nominale bien française « bijoux de famille ». Aussi ce soir, nous ne savons comment recevoir cette récompense et surtout comment l’interpréter : nous qui sommes au Festival international des scénaristes une équipe essentiellement féminine et qui venons de clôturer une belle édition avec un jury exclusivement féminin !

Quelle autodérision bien grivoise, de la part de nos amis de Séquences7, qui n’est pas sans rappeler le talent d’humoriste d’un certain Woody Allen . Bref, voilà une manière comme une autre de vous dire que nous sommes très fiers ce soir de recevoir cette récompense par toute cette jeunesse et cette relève. On ne connaît jamais finalement la portée de son travail, pris comme on l’est par la réalité de son dur quotidien d’organisateur de festival. Et voilà qu’on nous récompense et qu’on nous traite de Schmuck ! Et bien oui, nous vous en sommes reconnaissants. Nous, c’est-à-dire toute l’équipe du Festival international des scénaristes, pour une récompense collective qui fait chaud au cœur.

Parlons d’ailleurs un peu d’elle, de cette équipe. Parlons d’Alice Lipowczyk, dite Alice Lipo, qui assure et vous le savez tous, le bon accueil de tous nos invités. Elle se bat avec son FileMaker et ces 800 fiches comme une déesse au combat, avec sa bonne humeur, sa joie de vivre, qui contamine toute l’équipe.

Parlons de Céline Richard, dite Céline, notre programmatrice en chef qui rassemble peu à peu au fil des mois de préparation ce grand puzzle qu’est le festival, parce qu’elle croit en vous et en nous. Au cinéma, aux œuvres audiovisuelles en générale, à tous, à l’Inde et aux voyages, et forcément donc à ce voyage au long court pour mener sa barque d’invités, de films, de conférences et de mastersclasses.

Parlons de Valérie, dite Valérie Ganne, Val pour les intimes, qui gère son marathon au pas de course, chef d’orchestre de nous tous, avec son savoir-faire ultra professionnel et rassurant.

Parlons de Corine, dite Coco, mémoire du festival qui affronte chaque année les biographies des scénaristes et les repasse au peigne fin.

Parlons de Charles Houres, dit Carlito, qui assiste avec calme et sérénité une déléguée générale énervée, impatiente et très souvent exigeante.

Parlons d’Antoine, notre stagiaire, dit le magicien de Indesign qui, outre sa bonne humeur, se donne corps et âme à sa déesse Alice qu’il imagine en amazone chevauchant, je vous laisse imaginer quoi.

Parlons d’Emmanuelle Faucillon qui gère avec brio et patience toutes les intrépides demandes de rendez-vous au marché interactif de l’image et de l’écrit.

Parlons de Jacqueline Benloulou qui compte avec minutie les sous que nous n’avons pas.

Et rien ne saurait se concrétiser si nous ne parlions de la régie, source de vie et de bien-être, avec Laurence Lafiteau et David Perrin.

Enfin, rien ne saurait exister, avec grandeur, sans Alexandre Ferré dit le Corse, compagnon des longues traversées, de celles qui demandent de l’endurance, souvent faites à la rame, l’essence manquant pour alimenter notre moteur. Moteur sur lequel notre présidente Frédérique Fragonard est souvent penchée, du cambouis plein les mains.

Toute cette petite équipe, bien mince par rapport au festival que vous récompensez ce soir, croit effectivement à vous, les jeunes scénaristes, à l’idée qu’il faut nécessairement vous ouvrir une fenêtre, laisser une petite ouverture, pour qu’à votre tour vous deveniez des Schmucks reconnus pour votre travail de scénariste, hommes et femmes confondus.

Merci donc au nom de toute l’équipe du Festival international des scénaristes, à Jérémie Bonheure et à toute l’équipe de Séquences7.

 

Image ©DR

 

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