Lecture : Un monde parfait selon Ghibli

Published on: 7 novembre 2018

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Ce petit opus sorti en septembre est un voyage au cœur de l’univers des Studios Ghibli. Une aventure professionnelle et humaine assez unique dans le monde de l’animation. Voilà 3 bonnes raisons de le lire.

1- On entre dans les coulisses du studio Ghibli

L’équilibre comme ligne d’horizon. Pour les fondateurs du studio Ghibli (c’est le nom d’un avion….), Hayao Miyazaki, Isao Takahata et Toshio Suzuki, il s’agissait de créer, en 1985, un cadre pour l’accomplissement de leur vision artistique. Et cela a fonctionné, avec le succès que l’on sait. Mais Ghibli c’était aussi une structure pour réaliser ce « monde parfait » auquel tenaient les fondateurs. Le studio a ainsi tout mis en œuvre pour permettre à ses employés de se sentir bien : salaires décents pour le milieu de l’animation, installation d’une crèche pour les jeunes parents, horaires fixes, interdiction des nuits blanches au travail… Welcome to Ghibli’s !

2 – On découvre le féminisme du Studio Ghibli

Dans les productions estampillées Ghibli, plusieurs thèmes apparaissent de façon incarnée : l’écologie, les croyances magiques, l’ingénierie… mais aussi le féminisme. « La filmographie des studios Ghibli est remplie des figures de guerrières plus ou moins puissantes, mais toujours volontaires, décortique Alexandre Mathis, l’auteur. Dans Le château dans le ciel, les pirates sont dirigés par leur mère, dans Pompoko, les tanukis femelles participent aux luttes ; dans Arrietty, le petit monde des chapardeurs, la jeune héroïne fonce sans crainte. Il n’y a guère que la maladie qui les atteignent (comme la mère dans Mon voisin Totoro). En 2015, Miyazaki déclarait : « Beaucoup de mes films comportent des personnages féminins forts. Des filles courageuses et indépendantes. Elles auront peut-être besoin d’un ami, ou d’un soutien, mais en aucun cas d’un sauveur. »

©Studio Ghibli

3 – En tant qu’auteur d’animation, on s’interroge sur ce qu’on veut raconter….

Alors que dans le ciné d’animation, en général, il s’agit de montrer aux petits comment grandir et trouver leur place dans le monde, prncipalement en se définissant par rapport à leurs parents ou mentor (et il doivent se montrer à la hauteur de leur bienveillance, bien sûr), chez Ghibli, «  le rapport à la famille est différent », pointe l’auteur. « L’héritage familial n’est pas toujours bénéfique et peut s’avérer carrément nocif, écrit-il. Ainsi, à propos de la princesse Kaguya, il écrit  : «  A trop chercher à couver son enfant et à diriger sa vie, le père a causé sa perte, exactement comme lorsque Seita du Tombeau des Lucioles tue sa soeur Setsuko à trop vouloir la protéger ». Dans d’autres films, la famille peut sauver et émanciper. « Pour les héros Ghibli, l’objectif est donc le même que celui des fondateurs du studio : savoir créer un cadre solide, tout en favorisant l’émancipation de chaque individu. » Une vision éminemment moderne. Loin des normes et des modèles figés. En tant qu’auteur, cela permet de se questionner sur ce que l’on peut/veut raconter et la façon de mettre en scène son récit.

Un monde parfait selon Ghibli, d’Alexandre Mathis, éd. Playlist Society, 174 pages, 14 euros.

Copyright : DR et Studio Ghibli

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